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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/468

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vant, dès que le feu est éteint. Je fis placer une cheminée semblable à une fournaise, dans un endroit qui étoit le centre de six chambres différentes ; le tuyau par où devoit sortir la fumée, alloit d’un côté, & l’ouverture par laquelle sortoit la chaleur, étoit justement du côté opposé : par là toutes les chambres étoient entretenues dans une chaleur égale, sans qu’on découvrît le feu nulle part, de la même manière que dans les bains d’Angleterre. C’est ainsi que mes appartemens étoient toûjours chauds, quelque froid qu’il fit au dehors, & je n’étois jamais incommodé de la fumée.

Ce qui doit paroitre d’abord fort incroyable, c’est ce que j’ai insinué touchant la bonne compagnie, que je trouvai dans un pays barbare, dans une des provinces les plus septentrionales de la Moscovie ; un pais situé dans le voisinage de la Mer Glaciale, & seulement éloigné de quelques degrés de la Nouvelle Zemble.

Mais on y ajoutera foi sans peine, quand on voudra bien se souvenir que j’ai dit que la Sibérie est le séjour des criminels d’état de la Moscovie. La ville capitale en doit être par conséquent pleine de noblesse, de généraux, de grands seigneurs & de princes mêmes. J’y trouvai le célébre prince Galitzin, le vieux général Robostiski, & plu-