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compter une vie triste & désagréable faute de compagnie. Il valoit mieux par conséquent laisser là la caravane, & faire tous les préparatifs nécessaires pour passer l’hiver dans la capitale de la Siberie, où je pouvois faire fond sur trois choses trés-essentiel ; l’abondance des vivres, une maison bonne & chaude, avec du bois en quantité & enfin très-bonne compagnie. Je me trouvois alors dans un climat bien different de celui de mon paradis terrestre, ma chère île, où je ne fentis jamais le froid que pendant les frissons de ma fievre, au contraire j’avois bien de la peine à y souffrir des habits sur mon corps, & je n’y faisois du feu que hors de la maifon, uniquement pour me préparer quelques mets. Ici je commençai par me fournir de trois bonnes camisoles, & de quelques grandes robes, qui me pendoient jufqu’aux pieds, & dont les manches étoient boutonnées jusqu’au poigne. Il faut remarquer même que toutes ces differentes fortes d’habits étoient doublées de bonnes fourrures.

Pour chauffer ma maifon, je me pris d’une autre maniere que celle dont on se sert en Angleterre, où l’on fait du feu dans des cheminées ouvertes, qui font placées dans chaque chambre, ce qui laisse l’air aussi froid qu’il l’étoit aupara-