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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/460

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& nous n’avons jamais su s’ils poussèrent jusqu’à Siheilka, ou non.

Après nous être tirés de ce danger, nous marchâmes en sûreté jusqu’à la ville de Jaravena, où il y a une garnison moscovite, & nous y restâmes pendant cinq jours pour nous refaire de la fatigue que nous avions essuyée dans nos dernières marches, pendant lesquelles nous n’avions pas eu le loisir de fermer l’œil.

De-là nous entrâmes encore dans un affreux désert, que nous ne pûmes traverser qu’en vingt-trois jours. Nous nous étions fournis de quelques tentes, pour passer les nuits plus commodément, & de seize charriots du pays, pour porter notre eau & nos provisions. Nous en tirions encore un grand service ; pendant la nuit ils nous tenoient lieu de retranchement, étant arrangés tout autour de notre camp ; en sorte que, si les Tartares nous avoient attaqués, sans une supériorité excessive du nombre, nous aurions pu les repousser sans peine.

Dans ce désert, nous vîmes un grand nombre de ces chasseurs qui fournissent tout le monde de ces belles fourrures de sables & d’hermines. Ils sont, pour la plupart Tartares Monguls, & bien souvent ils attaquent de petites caravanes ; mais la nôtre n’étoit pas de leur gibier ; aussi n’en avons-nous jamais vu de troupes entières.