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on les intruisit du véritable chemin que nous avions pris, & ils nous poursuivirent avec toute la rapidité imaginable. Nous les découvrîmes environ au coucher du soleil, & nous avions, par hasard, choisi un endroit pour camper, fort propre à nous y défendre. Nous étions à l’entrée d’un désert de cinq cens milles de longueur, & nous ne pouvions pas nous attendre à trouver d’autre ville pour nous servir d’asyle, que Jaravena qui étoit encore à deux journées de nous : nous avions dans le lieu où nous étions plusieurs petits bois, & notre camp étoit pas bonheur dans un passage assez étroit, entre deux bocages peu étendus, mais extrêmement épais, ce qui diminuoit un peu la crainte que nous avions d’être attaqués cette même nuit. Il n’y avoit que nous quatre qui savions au juste pourquoi nous étions poursuivis ; mais comme les Tartares Monguls ont la coutume de parcourir le désert en grandes troupes ; les caravanes se fortifient toujours contre des camps volans de voleurs de grands chemins, & ainsi nos gens ne furent pas surpris de se voir poursuivis par cette cavalerie.

Non-seulement nous étions campés entre deux bois, mais notre front étoit encore couvert par un petit ruisseau, de manière que nous ne pouvions être attaqués qu’à notre arrière-garde. Peu