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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/450

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cris, le marchand Écossois le suivit de près, & prenant une des compositions que nous avions faites, propre à ne répandre que de la fumée, & de la puanteur, il y mit le feu, & la jeta au milieu de ceux qui y restoient encore. En même tems l’autre Écossois & mon valet ayant déjà lié les deux Tartares l’un à l’autre, les conduisirent vers l’idole pour voir si elle leur apporteroit du secours, & ils nous vinrent rejoindre à toutes jambes.

Lorsque l’espèce de fusée que nous avions jetée dans la cabane l’eut tellement remplie de fumée, qu’elle avoit presque suffoqué ces pauvres malheureux, nous y en jetâmes une d’une nature très-différente, qui donnoit de la lumière, comme une chandelle ; nous la suivîmes, & nous n’apperçûmes que quatre personnes, deux hommes, à ce que nous crûmes, & autant de femmes, qui apparemment s’étoient occupés aux préparatifs de quelqu’un de leurs sacrifices diaboliques. Ils nous parurent mortellement effrayés ; ils trembloient comme la feuille, & la fumée les avoit tellement étourdis, qu’ils n’étoient point en état de dire le moindre mot.

Nous les prîmes & les liâmes comme les autres, avec le moins de bruit qu’il fut possible, & nous nous hâtâmes de les faire sortir de la tente, parce qu’il ne nous étoit pas possible de souffrir davan-