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quand même vous seriez capable de leur en donner quelque idée, vous n’y gagneriez que des coups ; car ce sont des gens déterminés, sur-tout quand il s’agit de défendre les objets de leur superstition.

« Nous pourrions le faire de nuit, lui dis-je, & leur laisser par écrit les raisons de notre procédé » C’est bien dit, me répliqua-t-il ; sachez, mon chez ami, que, parmi cinq peuples entiers de ces Tartares, il n’y a personne qui sache ce que c’est qu’une lettre, ni qui puisse lire un mot dans sa propre langue.

« J’ai pitié de leur ignorance, repris-je ; mais j’ai pourtant très-grande envie de mettre mon projet à exécution ; peut-être la nature elle-même, quelque dégénérée qu’elle soit en eux, leur en fera tirer des conséquences, & leur fera voir jusqu’à quel point ils sont extravagans, en adressant leur culte à un objet si méprisable ».

Écoutez donc, monsieur, me dit-il : si votre zèle vous porte à cette entreprise avec tant d’ardeur, je crois que vous êtes obligé en conscience de l’exécuter : je vous prie pourtant de considérer, que ces nations sauvages ont été assujetties, par la force des armes, à l’empire du Czar de Moscovie. Si vous réussissez dans votre projet, ils ne manqueront point de venir par