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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/432

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halte dans le moment, & après nous avoir considérés attentivement pendant quelques minutes, ils firent demi-tour à gauche, & ils nous quittèrent sans faire la moindre tentative. Nous en fûmes charmés ; car s’ils avoient poussé leur pointe avec vigueur, ils nous auroit été impossible de résister long-tems à toute cette armée.

Étant arrivé deux jours après à la ville de Naum ou Naun, nous remerciâmes le gouverneur du soin qu’il avoit eu la bonté de prendre de nous, & nous fîmes, à nous tous, une somme de deux cens écus, pour en faire présent à notre escorte Chinoise. Nous nous reposâmes là un jour entier.

On peut dire qu’il y a une garnison en forme dans cette ville. Elle est du moins de neuf cens soldats, & on l’y a placée parce qu’autrefois les frontières de l’empire moscovite en étoient beaucoup plus proches ; mais depuis, le Czar a trouvé bon d’abandonner plus de deux cens lieues de pays, comme absolument inutile & indigne d’être conservé, sur-tout à cause de la grande distance où Naum est du cœur du pays, & de la difficulté qu’il y a à envoyer des troupes. Cette distance est en effet très-grande, puisque nous avions encore du moins six cens-soixante-dix lieues à faire, avant que de venir sur les frontières de la Moscovie.