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téressé dans la fortune de mon compagnon de voyage, n’étoit porté par aucun motif particulier à lui faire du bien, & voyant que tout l’équipage étoit résolu de faire cette nouvelle caravane, nous donnâmes à mon jeune homme la moitié du vaisseau en propriété, en tirant de lui une promesse écrite qu’il nous rendroit compte de la moitié des profits du voyage.

Le marchand Japonois, à ce que nous avons appris dans la suite, se montra un parfaitement honnête homme. Il protégea mon jeune homme dans le Japon, & lui obtint la permission de venir à terre, qui a été rarement accorée aux étrangers depuis plusieurs années. Il lui paya le fret avec beaucoup de ponctualité, & l’envoya aux îles Philippines, chargé de marchandises du Japon & de la Chine, avec un Super-Cargo du pays, qui trafiquant là avec les Espagnols, revint avec des marchandises de l’Europe, & avec une grande quantité d’épicerie. Le jeune homme fut parfaitement bien payé de tous ses voyages, & n’ayant point envie de se défaire du vaisseau, il le chargea de marchandises pour son propre compte, lesquelles il vendit d’une manière avantageuse aux Espagnols dans les îles Manilles. Par le moyen des amis qu’il s’y fit, il y eut le bonheur de faire déclarer son navire libre, & fut loué par le gouverneur, pour aller à Acapulco,