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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/388

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considérer mutuellement comme chrétien, quoique vous soyez huguenots & moi catholique ? Quoi qu’il en soit, ajouta-t-il, nous sommes tous honnêtes gens, & sur ce pied-là nous pouvons parler ensemble, sans embarrasser nos conversations de disputes sur la religion ».

La fin de son discours me parut fort sensée ; & me rappela dans l’esprit ce bon religieux duquel je m’étois séparé dans le Brésil.

Il est certain pourtant que le caractère du père Simon n’approchoit pas de celui de mon jeune prêtre. Il est vrai que dans ses manières il n’avoit rien qui deshonorât sa profession ; mais on ne lui remarquoit pas ce fond de zèle, cette piété exacte, ni cette affection pour le christianisme, qui éclatoient si fort dans la conduite de l’autre.

Quelques pressantes que fussent ses sollicitations, il ne nous étoit pas possible de nous y laisser aller si-tôt ; il falloit premièrement disposer de notre vaisseau & de nos marchandises ; ce qui étoit assez difficile dans un endroit où il y avoit si peu de commerce : un jour même je fus tenté de faire voile pour la rivière de Kilam, & de monter jusqu’à la ville de Nanquin ; mais j’en fus détourné par un coup inattendu de la providence, qui sembloit commencer à s’intéresser à nos affaires. J’en conclus que je pouvois espérer