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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/36

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que les vivres y étoient abondantes, & à bon marché ; en sorte que, bien loin de diminuer nos provisions, nous eûmes occasion de les augmenter. J’y fis embarquer plusieurs cochons & veaux, avec deux vaches, que j’avois dessein, si nous avions eu un heureux passage, de débarquer dans mon île : mais je fus obligé d’en disposer autrement.

Nous remîmes à la voile le cinq de Février avec un vent frais qui dura pendant plusieurs jours, sans aucune mauvaise rencontre, excepté un accident qui vaut bien la peine d’être rapporté dans toutes ses circonstances. Le soir du vingt Février vous vîmes entrer le matelot qui étoit en sentinelle ; il nous dit qu’il avoit vu de loin un éclat de lumière suivi d’un coup de canon ; & immédiatement après, un mousse vint nous dire que le Bosseman en avoit entendu un second.

Là-dessus nous montâmes tous sur le tillac, où, pendant quelques momens, nous n’entendîmes rien ; mais peu de minutes après nous découvrîmes une grande lumière, & nous conjecturâmes de-là que c’étoit un grand incendie.

Nous eûmes d’abord recours à notre estime, qui nous fit convenir unanimement qu’il ne pouvoit y avoir de ce côté là aucune terre dans l’espace de cinq cents lieues ; car le feu paroissoit à

l’ouest