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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/34

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j’ai déjà dit, rien n’enseigne mieux les mécaniques que la nécessité.

Ma cargaison, autant que je puis m’en souvenir, consistoit dans une assez grande quantité de toiles, & de petites étoffes minces propres à habiller les Espagnol, que je m’attendois de trouver dans mon île ; & il y en avoit assez, selon mon calcul, pour les tenir propres pour plus de sept ans. Si l’on ajoute toutes les autres choses nécessaires pour les couvrir, comme gants, chapeaux, souliers, bas ; il y en avoit environ pour trois cents livres sterling, y compris tout ce qu’il falloit pour des lits, & la batterie de cuisine, pots, chaudrons, & du cuivre pour en faire un plus grand nombre. J’y avois joint à peu près 500 liv. pesant de fer travaillé, comme clous, outils de toutes sortes, crochets, gonds, ferrures, &c.

Je ne dois pas oublier une centaine d’armes à feu de réserver, mousquets, fusils, pistolets, beaucoup de plomb de tout calibre, & deux pièces de canon de bronze, & comme il m’étoit impossible de prévoir les dangers où ma colonie pouvoit être engagée un jour, j’avois encore chargé le vaisseau d’une centaine de barils de poudre à canon, d’épées, de sabres, & de plusieurs fers de piques & de hallebardes. Outre cela, je priai mon neveu de prendre avec lui deux petits canons