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mirent le feu à leurs cabanes ; mais ils épargnèrent les femmes & les enfans. Lorsque mes gens s’approchoient du rivage avec la pinasse, ceux qui venoient de faire cette affreuse expédition commençoient à paroître, sans aucun ordre, répandus çà & là ; en un mot dans une telle confusion, qu’ils auroient pu être défaits facilement par un très-petit nombre de gens déterminés.

Heureusement pour eux ils avoient jeté la terreur dans tout le pays, & les Indiens étoient si effrayés par une attaque peu attendue, qu’une centaine de leurs braves gens n’auroient pas attendu de pied ferme six de nos matelots. Aussi, dans toute l’action, il n’y en avoit pas un seul qui se défendît. Ils étoient tellement étonnés du feu d’un côté, & de l’attaque de nos gens de l’autre, que dans l’obscurité de la nuit ils ne savoient de quel côté se tourner. S’ils fuyoient d’un côté, ils tomboient dans un de nos petits corps : & s’ils retournoient sur leurs pas, ils en rencontroient un autre : la mort se présentoit à eux de toutes parts. Aussi dans toute cette affaire aucun de nos gens ne reçut le moindre mal, excepté deux, dont l’un s’étoit brûlé la main, & dont l’autre s’étoit fait une entorse au pied.

J’étois fort en colère contre tout l’équipage,