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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/320

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volèrent sur les pas du bosseman, pour mettre la dernière main à ce cruel attentat ; & moi, voyant inutile tout ce que je faisois pour les modérer, je m’en revins triste & pensif, ne pouvant plus soutenir la vue de ce meurtre, ni des malheureux qui tomboient entre les mains de nos barbares matelots.

J’en étois accompagné que du Super-Cargo, & de deux autres hommes, & j’avoue qu’il y avoit bien de l’imprudence à moi de retourner vers nos chaloupes avec si peu de monde. Le jour approchoit, & l’alarme qui s’étoit répandue par tout le pays, avoit rassemblé près du petit hameau une quarantaine d’Indiens armés de lances, d’arcs & de flèches. Heureusement j’évitai cet endroit en allant tout droit au rivage, quand nous y arrivâmes, il étoit déjà plein jour ; nous nous mîmes aussi-tôt dans la pinasse ; &, après être venus à bord, nous la renvoyâmes, dans la pensée que nos gens pourroient bien en avoir besoin pour se sauver.

Je vis alors que le feu commençoit à s’éteindre & que le bruit cessoit ; mais une demi-heure après j’entendis une salve de fusils ; j’appris dans la suite, que nos gens l’avoient faite sur les Indiens qui s’étoient attroupés près du petit hameau. Ils en tuèrent seize ou dix-sept, &