Ouvrir le menu principal

Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/32

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

impressions qu’il faisoit sur mon esprit étoient si peu communes, que, si je restois chez moi, je croirois désobéir aux ordres de la providence. Me voyant tellement affermi dans ma résolution, elle mit non-seulement fin à ses conseils, mais elle me donna toutes sortes de secours pour faire mes préparatifs & mes provisions, pour régler mes affaires de famille & l’éducation de mes enfans.

Pour ne rien négliger à cet égard, je fis mon testament, & laissois mes biens en de si bonnes mains, que j’étois persuadé que mes enfans ne perdroient rien de ce côté-là, quelque accident qui pût m’arriver ; & pour la manière de les élever, je m’en remis entièrement à ma bonne veuve, à qui je destinai en même-tems un petit revenu suffisant pour vivre à son aire. J’ai vu dans la suite que jamais bienfait ne fut mieux employé, qu’une mère ne pouvoit pas avoir des soins plus tendres pour ses propres enfans, & qu’il n’étoit pas possible de se conduire avec plus de prudence. Cette bonne dame vécut assez long-tems pour me voir de retour, & pour sentier de nouveaux effets de ma reconnoissance.

Mon neveu fut prêt à mettre à la voile au commencement de Janvier 1694, & je m’embarquai avec mon fidèle Vendredi dans les Dunes, le 18, ayant avec moi, outre ma chaloupe démontée,