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deux hommes qui m’étoient restés, pour découvrir, de quelque distance, quel devroit être probablement l’événement de cette affaire, & pour l’en venir informer au plus vîte.

C’étoit parler à un sourd ; mon neveu étoit aussi incapable d’entendre raison que toute la reste. Il vouloit y aller, me dit-il, & il étoit fâché d’avoir laissé plus de dix hommes dans le vaisseau. Il n’étoit pas homme à laisser périr ses gens, faute se secourd ; il étoit résolu de leur en donner quand il devroit perdre le vaisseau, & la vie même.

Dans ces circonstances, bien loin de persuader le capitaine de rester-là, je fus obligé de le suivre. Il ordonna à deux hommes de s’en retourner à bord avec la pinasse, & d’aller chercher encore douze de leurs camarades, dont six devoient garder les chaloupes, pendant que les six autres marcheroient vers la ville. De cette manière il ne devoit rester que seize hommes dans le vaisseau, dont tout l’équipage ne consistoit qu’en soixante-cinq hommes, desquels deux avoient été tués dans la première action.

Ces ordres étant donnés, nous nous mîmes en marche ; & guidés par le feu, nous allâmes tout droit vers la ville. Si les coups de fusil nous avoient étonnés de loin, nous fûmes remplis d’horreur quand nous fûmes près de-là par