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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/313

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mes, en fut dans une surprise extraordinaire ; il n’en pouvoit pas deviner la cause, & il craignit fort que je ne fusse dans quelque grand danger, aussi-bien que le Super-Cargo. Mille pensées lui rouloient dans l’esprit, & enfin, quoiqu’il ne pût qu’à peine tirer plus de monde du vaisseau, il résolut de se jeter dans l’autre chaloupe, & de venir à notre secours lui-même avec treize hommes.

Il fut fort étonné de me trouver avec le Super-Cargo dans la chaloupe, accompagnés seulement d’un seul matelot & du mousse. Quoiqu’il fût fort aise de nous voir sains & saufs, il étoit très-impatient de savoir de qui se passoit à l’égard des autres. La flamme s’augmentoit de moment à autre, & nos gens ayant commencé à se servir de leurs armes à feu, les fréquens coups de fusil que nous entendions ne pouvoient que nous donner la plus grande curiosité pour une affaire où nous étions si fort intéressés.

Le capitaine ayant pris sa résolution, me dit qu’il vouloit aller donner du secours à ses gens, quelque chose qui en pût arriver. Je tâchai de l’en détourner par les mêmes raisons que j’avois employées contre les autres ; je lui alléguai le soin qu’il devoit avoir de son vaisseau, l’intérêt des propriétaires, la longueur du voyage, &c. & je m’offrois d’aller reconnoître avec les