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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/302

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cet état, sans savoir comment faire pour lever l’ancre & pour faire voile, ne pouvant pas y réussir sans nous tenir debout ; ce qui leur auroit donné autant de facilité pour nous tuer, que nous en avons d’abattre un oiseau qui est sur une branche.

Tout ce que nous pûmes faire, ce fut de donner au vaisseau des signaux que nous étions en danger, & quoiqu’il fût à une lieue de-là, mon neveu entendant nos coups de fusil, & voyant par sa lunette d’approche que nous faisions feu du côté du rivage, comprit d’abord toute l’affaire, & levant l’ancre au plus vîte, il vint aussi près de nous qu’il fut fut possible. Il nous envoya de-là l’autre chaloupe, avec dix hommes ; mais nous leur criâmes de ne pas approcher, en leur apprenant notre situation. Alors un de nos matelots prenant le bout d’une corde, & nageant entre les deux chaloupes, de manière qu’il étoit difficile aux Sauvages de l’appercevoir, vint à bord de ceux qui étoient envoyés pour nous tirer de ce danger. Là-dessus nous coupâmes notre petite cable, & laissant l’ancre, nous fûmes tirés par l’autre chaloupe, jusqu’à ce que nous fussions hors de la portée des flèches. Pendant tout ce tems nous nous étions tenus couchés derrière notre barricade.

Dès que nous ne fûmes plus entre le vaisseau