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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/239

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tans : nous brisâmes-là, car nous n’entrions jamais dans la controverse.

Je voulut pourtant l’embarrasser un peu sur la tolérance ; & le prenant par la main : « Mon cher ami, lui dis-je, j’approuve fort ce que vous venez de dire ; mais certainement si vous prêchiez une pareille doctrine en Espagne ou en Italie, vous n’éviteriez jamais les griffes de l’inquisition ».

Cela pourroit bien être, me dit-il ; mais je ne crois pas qu’une pareille sévérité rende ces peuples meilleurs chrétiens : un excès de charité ne passera jamais chez moi pour hérésie.

Comme Atkins & sa femme n’étoient plus dans cet endroit, nous n’avions aucune raison pour nous y arrêter. Nous revînmes donc sur nos pas, & nous les trouvâmes déjà qui nous attendoient. Quand je les vis, je demandai au prêtre s’il trouvoit à propos que nous leur découvrissions que nous les avions vu dans le bosquet ? Ce n’étoit pas-là son avis ; il vouloit lier conversation avec Atkins, pour voir ce qu’il nous diroit de son propre mouvement. Là-dessus nous les fîmes entrer, sans permettre que personne y fût que nous trois, & voici quel fut notre entretien :


Robinson Crusoé. Je vous prie, Atkins,