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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/234

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ordinaire. Nous le vîmes ensuite se lever tout d’un coup, lui donner la main, pour se lever aussi ; & l’ayant menée à quelques pas de-là, se mettre à genoux avec elle, & y demeurer pendant quelques minutes.

À ce spectacle, mon ami ne fut plus le maître de son zèle. Il s’écria à haute voix : Ô saint-Paul, saint-Paul, les voilà qui prient Dieu ensemble ! J’eus peur qu’Atkins ne l’entendît, & je le conjurai de se modérer pendant quelques momens, afin que nous pussions voir la fin d’une scène si touchante. Jamais je n’en avois vu de plus propre à émouvoir le cœur, & en même tems de plus agréable. Mon prêtre se retint en effet ; mais il marqua par son air, une extase de joie, de voir cette pauvre payenne, prêtre à entrer dans notre sainte religion. Tantôt il pleuroit, tantôt il faisoit des prières jaculatoires pour rendre graces à Dieu d’une preuve si manifeste du succès merveilleux de nos desseins ; quelquefois il levoit les mains vers le ciel, tantôt il faisoit le signe de la croix, tantôt il parloit tout doucement, & quelquefois haut, & ses actions de graces étoient tantôt en latin, & tantôt en françois, & souvent les pleurs étouffoient sa voix, de manière que ce qu’il disoit, ne ressembloit pas à ses sons articulés.

Je le conjurai de nouveau de se tranquilliser