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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/233

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Vous le voyez, me dit le prêtre, il lui fait un sermon, il lui dit, selon toutes les apparences, que notre dieu a fait le ciel, la terre, la mer, &c.

Immédiatement après, nous le vîmes se lever, se jeter à genoux, & tendre ses deux mains vers le ciel ; nous supposâmes qu’il parloit tout haut ; mais nous étions trop loin pour en rien entendre. Après avoir resté dans cette posture une demi-minute, il se remit auprès de sa femme, & recommença à l’entretenir. Nous la vîmes fort attentive, sans savoit si elle parloit à son tour, ou non. Pendant que son mari avoit été à genoux, j’avois vu de grosses larmes couler sur les joues du prêtre, & moi-même j’avois eu toutes les peines du monde à m’empêcher de pleurer. Ce qui nous chagrina beaucoup, c’étoit l’impossibilité d’entendre quelques expressions de sa prière.

Néanmoins nous ne voulûmes pas approcher davantage, de peur de l’interrompre, & nous nous contentâmes de certains gestes qui nous faisoient assez comprendre le sens de la conversation. S’étant assis de nouveau auprès d’elle, comme j’ai déjà dit, il continua de lui parler d’une manière très-pathétique ; il l’embrassoit de tems en tems avec passion. D’autres fois nous le voyions tirer son mouchoir, essuyer les yeux de sa femme, & la baiser de nouveau avec un transport extra-