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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/231

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l’étois lorsque je quittai mon père pour aller courir le monde. Cependant ils m’écoutèrent tous d’un air très-attentif, & ils me promirent fortement de parler à leurs femmes, & de ne négliger rien pour leur faire embrasser le christianisme.

Quand je rapportai leur réponse au prêtre, il me regarda en souriant, & en secouant la tête : Nous qui sommes les serviteurs de J. C. dit-il, nous ne pouvons qu’instruire, & exhorter ; & quand les gens reçoivent nos instructions & promettent de les suivre, nous avons fait tout ce que nous sommes capables de faire, & nous sommes obligés de nous contenter de leurs promesses. Mais croyez-moi, monsieur, continua-t-il, quels que puissent être les crimes passés de cet Atkins, je pense que c’est le seul de la troupe qui se repent sincèrement. Je ne désespère pas des autres, mais je crois cet homme-là véritablement touché des égaremens de sa vie passée. Je suis sûr que quand il parlera de religion à sa femme, il commencera par se convertir lui même : car on n’apprend jamais mieux, que quand on s’efforce d’enseigner aux autres ; & j’ai connu un homme d’une très-mauvaise conduite, & qui n’avoit qu’une notion très-superficielle de la religion, qui devint un parfaitement bon chrétien, en s’attachant à la conversion d’un Juif. Si ce pauvre Atkins commence une fois à parler à sa femme,