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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/203

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que j’avois résolu d’aller visiter la colonie des Anglois, qui étoit dans l’endroit le plus éloigné de l’île. Il me dit avec beaucoup de gravité, que depuis quelques jours il avoit attendu avec impatience l’occasion de m’entretenir, espérant que ce qu’il avoit à me dire ne me déplairoit pas, parce qu’il tendoit à mon dessein général, la prospérité de ma colonie, & pour y attirer les bénédictions du ciel, dont jusqu’ici elle ne jouissoit pas autant qu’il l’auroit souhaité.

Surpris de la fin de son discours, je lui répondis d’une manière assez précipités : « comment pouvez-vous avancer, monsieur, que nous ne jouissons pas des bénédictions du ciel, nous à qui il a accordé des secours si merveilleux, & une délivrance si peu attendue, comme vous avez pu voir, par le récit que je vous en ai fait » ?

S’il vous avoit plus me répliqua-t-il d’une manière aussi prompte que modeste, d’attendre la fin de mon discours, vous n’auriez point eu lieu de vous fâcher contre moi, & de me croire assez dépourvu de sens, pour douter de l’assistance miraculeuse dont Dieu vous a favorisé. J’espère, par rapport à vous, que vous êtes en état de jouir des faveurs du ciel, parce qu’effectivement votre dessein est extrêmement bon ; mais