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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/177

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& de la hauteur de sept pieds. Il y avoit au milieu une autre hutte qui n’avoit pas au-delà de vingt-deux pas de contour. Elle étoit beaucoup plus forte & plus épaisse que la tente extérieure ; la figure en étoit octogone, & chacun des huit coins étoit soutenu d’un bon poteau. Sur le haut de ces poteaux, il avoit posée de grandes pièces de même ouvrage, jointes ensemble par des chevilles de bois ; ces pièces servoient de base à huit solives qui faisoient le dôme de tout le bâtiment, & qui étoient parfaitement bien unies, quoiqu’au lieu de clous, il n’eût que quelques chevilles de fer qu’il avoit trouvé moyen de faire avec de la vieille ferraille que j’avois laissée dans l’île.

Certainement ce drôle faisoit voir une grande industrie dans plusieurs choses où il n’avoit jamais eu occasion de s’appliquer. Il se fit non seulement une forge, avec deux soufflets de bois & de fort bon charbon, mais encore une enclume de médiocre grandeur, dont il avoit trouvé la matière dans un lever de fer, ce qui lui donna le moyen de forger des crochets, des gâches de serrure, des chevilles de fer, des verroux & des gonds.

J’en reviens à son bâtiment : après avoir dressé le dôme de sa tente intérieure, il remplit les vides entre les solives, d’ouvrages de vanier