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des paniers & d’autres ouvrages d’osier : mais bientôt ils avoient surpassé leurs maîtres. Ils savoient faire, en ce genre, les choses du monde les plus curieuses, des tamis, des cages, des tables, des gardes-mangers, des chaises, des lits, &c. étant extrêmement ingénieux dès qu’on leur avoit une fois donné l’idée de quelque chose.

Mon arrivée fut d’un grand secours à ces pauvres gens, puisque je les pourvus abondamment de couteaux, de ciseaux, de pelles, de bêches, de pioches ; en un mot de tous les outils dont ils pouvoient avoir besoin. Ils s’en servirent bientôt avec beaucoup d’adresse, & ils eurent assez d’industrie pour se faire des maisons entières d’un tissu d’osier ; ce qui, malgré son air comique, étoit d’une grande utilité contre la chaleur & contre toutes sortes de vermines.

Cette invention plut tant à mes gens, qu’ils firent venir les sauvages, pour faire la même chose pour eux ; & quand je fus voir la colonie des deux anglois, leurs huttes parurent de loin à mes yeux être de grandes ruches. Pour Guillaume Atkins, qui commençoit à devenir sobre, industrieux, appliqué, il s’étoit fait une tente d’ouvrage de vanier, qui passoit l’imagination. Elle avoit cent vingt pas de circuit ; les murailles en étoient aussi serrées que le meilleur panier ; elles consistoient en trente deux compartimens fort épais,