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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/165

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dans la dernière consternation, en entendant nos gens pousser leurs cris de trois différens côtés. Ils étoient assez courageux pour nous combattre s’ils nous avoient vus, & effectivement, dès que nous approchâmes, ils tirèrent plusieurs flêches, dont l’une blessa le pauvre père de Vendredi, mais pas dangereusement. Nos gens ne leur donnèrent guère de tems, & se ruant sur eux, après avoir fait feu de trois côtés différens, ils se mêlèrent avec eux, & à coups de crosses, de sabres, de haches & de bâtons à deux bouts, ils remuèrent si bien les mains, que les ennemis se mirent à hurler affreusement & à s’enfuir, l’un d’un côté & l’autre de l’autre, ne songeant plus qu’à se dérober à des ennemis si terribles.

Nos gens étoient fatigués de les assommer, & il ne faut pas en être surpris, puisque dans les deux actions ils en avoient tué ou blessé mortellement cent quatre-vingt tout au moins. Les autres saisis d’une frayeur inexprimable, couroient par les collines & les vallées avec toute la rapidité que la peur pouvoit ajouter à leur vîtesse naturelle.

Comme nous ne nous mettions guère en peine de les poursuivre, ils gagnèrent tous le rivage sur lequel ils avoient débarqué, mais ce n’étoit pas là encore la fin de leur malheur, car il faisoit cette nuit un terrible vent qui, venant du

côté