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nèrent point d’armes à feu aux esclaves ; mais ils les armèrent chacun d’une hallebarde, ou d’un bâton à deux bouts, avec une hache. Chaque combattant européen en prit une aussi. Il y avoit encore deux femmes qu’il ne fut pas possible de détourner d’accompagner leurs maris au combat. On leur donna les arcs & les flêches que les Espagnols avoient prises des sauvages à la bataille qui s’étoit donnée dans l’île, il y avoit quelque tems, entre deux différentes troupes d’Indiens. On donna encore une hache à chacune de ces amazones.

Le gouverneur espagnol, dont j’ai déjà parlé si souvent, étoit généralissime ; & Guillaume Atkins, qui, quoiqu’un terrible homme quand il s’agissoit de commettre quelque crime, étoit cependant plein de valeur, commandoit sous lui. Les sauvages avancèrent sur les nôtres comme des lions ; & ce qu’il y avoit de fâcheux, c’est que nos gens ne pouvoient pas tirer le moindre secours du lieu où ils étoient postés, exceptés Guillaume Atkins, qui, dans cette occasion rendit de grands services, étoit caché avec six hommes derrière quelques broussailles, comme d’une garde avancée, avec ordre de laisser passer les premiers des ennemis, de faire feu ensuite au beau milieu de la troupe, & de se retirer après, avec toute la promptitude