Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/155

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

rivage de la mer, ils virent distinctement les sauvages empressés à se jeter dans leurs canots pour se retirer de cette île, qui leur avoit été si fatale.

Ils furent d’abord fâchés de les laisser partir sans les saluer encore d’une bonne décharge ; mais en examinant la chose avec plus de sang-froid, ils furent ravis d’en être quittes.

Ces pauvre Anglois étant ruinés alors pour la seconde fois, & privés de tout le fruit de leur travail, les autres s’accordèrent tous à les aider à relever leurs habitations, & à leur donner tous les secours possibles. Leurs trois compatriotes mêmes, qui, jusques-là, n’avoient pas marqué la moindre inclination pour eux, & qui n’avoient rien su de toute cette affaire, parce qu’ils s’étoient établis du côté de l’est, vinrent offrir leur assistance, & travaillèrent pour eux pendant plusieurs jours avec beaucoup de zèle. De cette manière, en fort peu de tems, ces pauvres Anglois furent de nouveau en état de subsister par eux-mêmes.

Deux jours après, la colonie eut la satisfaction de voir trois canots des Indiens portés sur le rivage, & près de-là, deux hommes noyés ; ce qui fit croire, avec beaucoup de fondement, que les ennemis avoient eu une tempête en mer, & que quelques-unes de leurs barques avoient