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taquer. Ils furent confirmés dans cette résolution par le procédé de ces deux sauvages qui prirent un peu du côté de l’arbre, en avançant vers une autre partie du bois ; mais les trois & les cinq qui les suivoient, continuèrent leur chemin directement vers eux, comme s’ils avoient été instruits du lieu de leur retraite.

Comme ils se suivoient tous l’un après l’autre, les Anglois qui trouvoient bon de ne tirer qu’un à un, crurent qu’il n’étoit pas impossible d’abattre les trois premiers d’un seul coup. Là-dessus celui qui devoit tirer le premier, mit trois ou quatre balles dans son mousquet, & le plaçant dans un trou de l’arbre très-propre à assurer le coup, il attendit qu’ils fussent venus à trente verges de distance pour ne les pas manquer.

Pendant que l’ennemi avançoit, ils virent distinctement, parmi les trois premiers, leur esaclave fugitif, & ils résolurent qu’il n’échapperoit pas, quand ils devroient tirer l’un immédiatement après l’autre. Ainsi, l’un se tint prêt pour ne le pas manquer, si par hasard il ne tomboit pas du premier coup.

Mais le premier savoit viser trop juste pour perdre sa poudre ; il fit feu, & en toucha deux de la bonne manière. Le premier tomba roide mort, la balle lui ayant passé tout au travers de la tête. Le second, qui étoit l’esclave fugitif,