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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/147

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core, & tenant tous la même route. Outre ceux-là, ils virent à une plus grande distance sept autres sauvages qui prenoient un chemin différent, car toute la troupe s’étoit répandue dans l’île, comme des chasseurs qui battent le bois pour faire lever le gibier.

Les pauvres Anglois se trouvèrent alors dans un grand embarras, ne sachant pas qu’il valoit mieux s’enfuir, ou garder leur poste ; mais après une courte délibération, ils considérèrent que si les ennemis continuoient à roder par-tout de cette manière, avant l’arrivée du secours, ils pourroient bien découvrir la cave, ce qu’ils regardoient comme le dernier des malheurs. Ils résolurent donc de les attendre ; & s’ils étoient attaqués par une troupe trop forte, de monter jusqu’au haut de l’arbre, d’où ils pouvoient se défendre tant que leurs munitions dureroient, quand même ils se trouveroient environnés de tous les sauvages qui étoient débarqués, à moins qu’ils ne s’avisassent de mettre le feu à l’arbre.

Ayant pris ce parti, ils considèrent encore s’il feroit bon de faire d’abord feu sur les deux premiers, ou s’ils attendroient la venue des trois pour séparer ainsi les premiers d’avec les cinq qui suivoient les trois du milieu. Ce parti leur parut le meilleur, & ils résolurent de laisser passer les deux premiers, à moins qu’ils ne vinssent les at-