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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/145

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venir droit du côté de leurs huttes, ils ouvrirent leur enclos, où leurs chèvres apprivoisées étoient gardées : ils les chassèrent toutes dans les bois, aussi bien que les chevreaux, afin que les ennemis s’imaginassent qu’ils avoient été toujours sauvages. Mais l’esclave qui étoit leur guide, les avoit trop bien instruits pour en être les dupes ; car ils continuèrent leur marche directement vers la demeure des deux Anglois.

Après que ceux-ci eurent mis de cette manière en sûreté leurs femmes & leurs ustensiles, ils envoyèrent le troisième esclave qui étoit venu dans l’île avec les femmes, vers les Espagnols, pour les aller avertir au plus vîte du danger qui les menaçoit, & pour leur demander un prompt secours. En même tems ils prirent leurs armes & leurs munitions, & se retirèrent dans le même bois où étoit la cave qui servoit d’asyle à leurs femmes. Ils s’arrêtèrent à quelque distance de-là, pour voir, s’il étoit possible, le chemin que prendroient les sauvages.

Au milieu de leur retraite, ils virent d’une colline un peu élevée toute la petite armée de leurs ennemis approcher de leurs cabanes, & un moment après ils les virent dévorés des flâmes de tous côtés, ce qui leur donna la plus cruelle mortification. C’étoit pour eux une perte irréparable, du moins pour fort long-tems.