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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/119

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en partie à servir de commencement à un nouveau troupeau. On y ajoûta encore tous les outils nécessaires, six haches, un maillet & une scie ; mais à condition qu’ils s’engageroient par un serment solemnel, à ne les employer jamais contre leurs compatriotes, ni contre les Espagnols, & qu’ils ne songeroient de leur vie à leur causer le moindre dommage.

C’est ainsi qu’ils furent chassés de la société, pour aller s’établir à part. Ils s’en allèrent d’un air très-mécontent, sans vouloir prêter le serment qu’on exîgeoit d’eux avec tant de justice. Ils dirent qu’ils alloient chercher un endroit pour s’établir, & pour y faire une plantation ; & on leur donna quelque peu de vivres, mais point d’armes ni d’outils.

Quatre ou cinq jours après ils revinrent de nouveau pour chercher des provisions, & ils indiquèrent au gouverneur l’endroit qu’ils avoient marqué pour y demeurer, & pour y planter. C’étoit un lieu fort convenable, dans l’endroit le plus éloigné de l’île, du côté du nord-est, peu éloigné de la côte où j’avois abordé dans mon premier voyage, après avoir été emporté par les courans en pleine mer.

C’est-là qu’ils se bâtirent deux jolies cabanes sur le modèle de mon château, au pied d’une colline déjà environnée de quelques arbres de