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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/117

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d’exemple aux autres ; & que ce devoit être celui qui dans le moment avoit voulu faire deux meurtres avec sa hache. Il est effectivement apparent qu’il avoit eu ce dessein là ; car il avoit si cruellement blessé le pauvre sauvage, qu’on croyoit impossible qu’il en réchappât.

Le gouverneur néanmoins ne fut pas de cet avis là ; il répéta encore que c’étoit à un Anglois qu’ils étoient tous redevables de la vie, & qu’il ne consentiroit pas à la mort d’un seul, quand ils auroient massacré la moitié de ses gens. Il ajoûta que, s’il étoit assassiné lui-même par un Anglois, il emploieroit ses dernières paroles à les prier de lui faire grace.

Il insista là-dessus avec tant de force, qu’il fut inutile de l’en dissuader ; & comme d’ordinaire l’opinion qui tend le plus vers la clémence, prévaut dans un conseil, quand elle est soutenue avec vigueur, ils entrèrent tous dans le sentiment de cet honnête homme. Il falloit pourtant songer aux moyens d’empêcher l’exécution de la barbare entreprise des criminels, & de délivrer une fois pour toutes cette petite société de ses appréhension si bien fondées. On délibéra là-dessus avec beaucoup d’attention, & l’on convint à la fin unanimement de ces articles.

» Qu’ils seroient désarmés, & qu’on ne leur permettoit pas d’avoir ni fusil, si poudre,

ni