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Page:Anonyme - Rondeaux et autres poésies du XVème.djvu/214

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RONDEAUX

Et plusieurs maulx, regrés, plaintes et plours,
5Que nul aultre fors que moy ne plaindra.

Puis que ma dame esloigner me faudra,
Qui est celluy qui plus a ce plaindra,
A qui fait tant Fortune de rigours ?
[Je ne scay pas.]

10Desoresmais mon las cueur se tendra
Pensif [et] morne, et ainsy me fauldra
Faire a par moy mes dolentes clamours[1] ;
Proche de dueil et loingtain de sequours[2],
Je languiray, mès qui lors m’entendra ?
15Je ne scay [pas.]

CLXVIII

Huet de Vigne

(fol. 91)
Le plus dolent du monde né[3],
[Et] par droit malheur ordonné
A recepvoir angoisse et dueil,
Me fault estre, dont je me dueil,
5Sans que confort me soit donné.

Las ! or ay ge si bien servy,
Et encores comme serf vy,

  1. Ms. fr. 9223 clameurs.
  2. Ms. fr. 9223 sequeurs.
  3. CLXVIII. Un rondel en chant, imprimé dans le Jardin de Plaisance (fol. 55 r°) et commençant par un vers analogue,

    Le plus dolent qu’onques fut né,

    n’a aucun rapport avec le rondeau de notre ms.