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Page:Anonyme - Rondeaux et autres poésies du XVème.djvu/161

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ET AUTRES POÉSIES

Je vous prisasse sans aultre despriser,
Mais a moy n’est dont point ne me desprise ;

5Quar, quant je pense en vostre grant valleur,
Qui est si grande que, par Dieu, le meilleur
Et le plus saige,
Voire, qui soit en tout l’umain lignaige,
Pas ne saroit,
10Lors je m’arreste, [et] de crainte et de peur,
Las d’y faillir, si me tiens pour tout seur
Que folle oultraige
A moy seroit, car jamès mon langaige
N’y avendroit.

15Sy n’entreprens une telle entreprise :
Mieulx me seroit entreprendre a puiser
Toute la mer, sans plus en diviser,
Veu qu’en tous biens estez si bien comprise,
Plus [vous regarde, trop plus fort je vous prise.]

CIII

C. Blosset

(fol. 54)
Savoir a tous fois mon couraige,
Car quelque bien, aussi doumaige,
Qui jamès me puisse advenir,
Si sui ge plus prest de mourir,
5Qu’a ma loyauté faire oultraige.

Et s’il advient que je le face,