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Page:Anonyme - Rondeaux et autres poésies du XVème.djvu/140

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RONDEAUX

Se j’ay eu[1] dueil desordonné,
J’en suy haultement guerdonné
Tant que ne tiens plus conte d’ame ;
15A la servir de corps et d’ame
Me suis de tous poins adonné :
Grant heur [m’ont aujourd’hui donné
Amour, de m’avoir ordonné
A Valentine, si grant dame.]

LXXVII

Blosseville

(fol. 41 v°)
Puis qu’une foiz sont joings ensemble
Nos deulx cueurs, m’amour, il me semble
Que jamaiz n’en departiront,
Et qu’au[s] biens d’Amours partiront,
5Se Dangier ne les desassemble.

Car le desir qui les assemble
Par bon espoir qui d’eux ne s’emble
Fera que leurs maulx partiront,
Puis qu’une [foiz sont joings ensemble.]

10Nulz n’en sera qui les ressemble ;
Tous les faulx envieux d’ensemble
Si a l’escart my partiront,
Que desdangnez a part yront,
Sanz que jamaiz nul les rassemble,
15Puis qu’une foiz [sont joings ensemble.]

  1. LXXVI.Ms. fr. 9223 en.