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RONDEAUX

Ne fault que nul, tant ait pouoir,
5Sa doulceur a la mienne assorte.

Car ma loyaulté non pareille,
A qui nulle aultre n’apareille,
Me fait tant de grief mal avoir
Qu’il[1] n’est nulle langueur pareille
10A la mienne, dont m’apareille
D’en brief temps la mort recepvoir.

M’amour, qui en bien n’avez sorte,
Combien qu’en fainte me deporte
De mectre vous en nonchaloir,
15Chacun peult bien apparcevoir
Que par vous est ma joye morte,
Au grant [dueil qu’en mon cueur je porte.]

LVI

Blosseville

(fol. 30 v°)
A tort le nommez[2] paradis,
L’enfer(s) d’amours, s’aucune joye
Vous n’y trouvés qui vous resjoye,
Ou par beaulx faiz, ou par beaux dis.

5Quant est a moy, nommer le veux
Le purgatoire des loyaux,
Qui ont leans voué mains veux,
Par quoy ilz souffrent plusieurs maux.

  1. LV. Ms. fr. 9223 Qui.
  2. LVI. Ms. fr. 9223 nommer.