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Page:Anonyme - Rondeaux et autres poésies du XVème.djvu/116

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RONDEAUX

Pour quoy je vis en grant langueur,
5Par Fortune, qui me tourmente.

Souvent Espoir chacun contente,
Excepté moy, povre dolente,
Qui nuit et jour suis en douleur :
En la forest [de Longue Actente,
10Entrée suis en une sente,
Dont oster je ne puis mon cueur.]

Ay je dont tort, se me[1] guarmente[2]
Plus que nulle qui soit vivente ?
Par Dieu, nannil, veu mon malheur,
15Car ainsi m’aid mon createur
Qu’il n’est paine que je ne sente :
En la forest [de Longue Actente,
Entrée suis en une sente,
Dont oster je ne puis mon cueur,
20Pour quoy je vis en grant langueur
Par Fortune, qui me tourmente.]

XLIX[3]

Monsr d’Orléans

(fol. 27)
Le trichement de ma pensée,
Qui parle maint divers langaige,
M’a rapporté chose sauvaige,
Que je n’ay point acoustumée.

  1. Ms. fr. 1719 (1) et (2) je.
  2. Ms. fr. 1719 (1) lamente.
  3. XLIX. Publié dans Charles d’Orléans, II, 149 (voy. plus haut la note 1 du rondeau XLIII).