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la conqueste de la bretaigne

Si ne fust Fagon qui hors l’en ha gecté ;
1735Parmy ie corps l’avoit estroit couplé,
Hors de la rive l’a à payne porté,
Jus à la terre l’a ore le ber posé.
Illec Nesmes s’est par quatre foiz posé,
Forment est affebli quar moult avoit saigné.
1740Lors a Fagon moult [grant] deul demencé,
Quar n’a cheval sus quoy il soit porté, (fo 31 vo)
Lesser le conte s’en est forment iré,
Il l’apela, sy n’a ung mot souné ;
Fagon le vait, durement fut iré.
1745Lors s’est le ber illec moult dementé :
« Haa ! dist il, pere de majesté !
« Par moy n’en peut cest duc estre porté ;
Si ge le leisse n’en doy estre blasmé ;
« Biau sire Nesmes ge vous commens a Dé
1750« Qu’il ait de vous et mercy et pitié ! »
A ces parolles s’en est le quens tourné ;
Et si a Nesmes à Jhesu commendé.

Decy à Charlez s’en est à pié alé ;
Quant il fut à Charlez, si fut forment lassé.
1755Davant le roy est Fagon aresté.
Le roy luy a maintenant demendé :
« Sire Fagon, dist Charlez le sené,
« De voz novellez nous dictez verité,
« Comment abvez expleité et oupvré ?
1760« Vous me samblez [ores] forment desheté ;