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la conqueste de la bretaigne

A son coul prent un fort escu bouclé,
Ets y a prins ung fort espiez quarré ;
1205Prent une couppe de fin or esmeré.
Entre l’ovraigne resplent un amidé,
A cheres pierres fut le henap oupvré.
A cheval monte et est exu du tré,
Et des herberges, sy s’est acheminé
1210A la fontaine, s’en va vers la Cité,
Où il abvoit [ja] aultrefoiz esté.
Ung Sarrazin fut es carniaux monté,
Qui le mesage a veu et regardé,
Qui en sa main tint ung henap doré,
1215Isnellement est celle part allé,
Juqu’aux Franczoys ne s’estoit aresté ;
En sa main tint un dart bien esmeré,
Estant le braz, et le fiert au costé.
Juques au corps luy est le dart coulé,
1220Mort le tribuche sus la rive du gué !
Le Sarrazin a le henap coupplé. (fo 22 vo)
Isnel[le]ment s’en estoit retourné,
Et si s’en entre erriere en la Cité ;
Le henap baille à Aiquin l’amiré,
1225A la reigne l’a le roy presenté.
Ung [men]estier a tout ce escuté ;
Après Guynemant s’estoit acheminé,
Pour le guetter tant qu’il fust retourné ;
Et vait le mesage mort et afolé,
1230Teul deul en a, à pouay n’est forcené ;