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Chez la Comtesse de Mathieu de Noailles
CHEZ LA COMTESSE MATHIEU DE NOAILLES

LES RÉUNIONS DU COMITÉ

PREMIÈRE ANNÉE

Séance du 10 janvier 1905. — Réunion à l’Hôtel des Sociétés Savantes. Douze membres du Comité étaient présentes. Au procès-verval : élection du bureau et approbation des statuts. Mme Arvède Barine et Mme Bentzon déclinent, pour des raisons de santé, la présidence du jury. Les choix se portent d’un accord unanime sur la comtesse Mathieu de Noailles. Mme Dieulafoy est nommée vice-présidente, Mme Jean Bertheroy, secrétaire et Mme C. de Broutelles, secrétaire perpétuelle.

Après adoption des statuts, Mme Séverine propose de créer un concours de manuscrits entre jeunes auteurs dont aucun ouvrage n’aurait jusqu’alors été publié en volume. Le meilleur des manuscrits examinés par le jury serait édité par la maison Hachette. Ce projet est adopté à l’unanimité.

Les statuts sont envoyés aux membres du Comité non présents à la séance. Toutes les renvoient approuvés, à l’exception de Mme Pierre de Coulevain qui repousse l’article Ier du titre II des statuts affirmant que le prix sera accordé à « l’œuvre littéraire la meilleure de l’année, écrite en langue française, que l’auteur en soit un homme ou une femme. » Pour rétablir l’équilibre en faveur des femmes exclues du Prix Goncourt, Mme Pierre de Coulevain voudrait que le Prix Vie Heureuse soit réservé aux femmes, mais il n’est pas possible de modifier les statuts. Au cours des séances du Comité, cette question sera souvent discutée. Plusieurs de ses membres accorderont toutes leurs préférences aux livres de femmes, dans un esprit de solidarité féminine. D’autres restent persuadées d’être plus utiles à la cause des femmes de lettres en les traitant sur le même pied que leurs collègues masculins et en faisant abstraction complète, dans leur choix, de la personnalité de l’auteur. Chacune restera individuellement maîtresse de ses votes.

Séance du 28 janvier 1905. — Réunion chez la comtesse de Noailles. On discute un projet de règlement destiné à compléter les statuts : on convient, par exemple, et jusqu’à nouvel ordre, de ne pas réélire avant une période de deux années chaque bureau sortant.

Vient ensuite le vote du prix. Sur 21 votes exprimés — dont 5 par correspondance — 17 vont à Mme Myriam Harry pour La Conquête de Jérusalem — 2 à Mme Jacques Fréhel pour les Ailes brisées, et 2 à Mme Yvan Strannik pour l’Ombre de la Maison.

Mme Myriam Harry est proclamée, pour l’année 1904, lauréate du prix de la Vie Heureuse. Les membres présents lui envoient leurs félicitations.