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pensonciaus 10118, quarius 9771, reveus 9925, seieus 444 etc. L’a épenthétique expulse parfois complètement l’e latin : de là des formes comme bidaus 9316, jovençaus 14829, quaraus 9311 (cf. aume 3318, maudre 11429), qui entraînent le poète à risquer çeremal 11031. Pour la forme féminine -ella, on s’étonne de trouver cerveile 1727 : il faut probablement voir là une faute de scribe pour cerviele, désinence wallonne analogue à biel et estorniel cités ci-dessus. L’e passe directement à a devant r dans desart 7863, 13264 (les deux fois à la rime).

Devant un élément palatal qui, en français propre, fait aboutir l’e latin à un i, on trouve parfois ei (eisent 2507, leit 7480), parfois e (esent 909, avec nasalisation ensent 8120).

Devant n, les graphies en et an se font concurrence, et le poète ne distingue pas, dans ses rimes, le son an remontant a + n de celui qui remonte à e + n. L’altération de an en ain n’est pas seulement le fait du scribe (arpaint 15784), puisque c’est à la rime que nous devons oufaindre 8697, raindre 8695 et serpaint 8711. Et c’est aussi en vue de la rime que le poète altère dent en din 2699.

En syllabe demi fermée, mĕdius est représenté non seulement par mi, comme en français propre, mais par 81, par mei 4841 et par mié 1024, 1033, 3168, etc. ; impĕrium donne enpier 1336 et enpir 6575 ; ministĕrium, mester 552 et mestier 398. Consuet 2730, 8144 etc., de *consĕquit, est une mauvaise graphie pour conseut 8888 : l’ĕ n’est pas diphtongué, et l’u est fourni par le latin.