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lement, le poète emploie des 3es p. sg. en -eit qu’il associe à des mots dont la forme normale est -ait et à d’autres dont la voyelle tonique remonte à ē du latin vulgaire ; ces 3es p. sg. imparf. sont : aveit 6037, 6047, atendeit 6040, aleit 6043, demandeit 6045, blastengeit 6046. À la 2e p. pl., la leçon devoiés 11741 n’est pas sûre, car on peut lire devoies, 2e p. sg. On trouve aveves 15652 pour « aviez » ; peut-être voleves 11220 (corrigé en volevés) doit-il être conservé ; en tout cas, ces formes isolées sont des calques de l’imparfait italien. Dans conevoit 11670 (d’où peut-être coneoit 15744) et risoient 11476, le parfait a introduit là son v, ici son s.

Parfait. — Il y a de rares exemples de 3e p. plur. en -ont, -unt, -on : aporteront 6320, ferunt 10915, var., troveron 11677, veront (virent) 6326. Donoit 6515 est un emploi abusif de l’imparfait, et boit 11498 un emploi abusif du présent en fonction de parfait. La forme presque constante de la 3e p. sg. du verbe avoir est oit, où l’i vient probablement de la 1re p. sg. oi. On trouve aussi i ou e rajouté à la 3e p. sg. des parfaits dont la désinence normale est, en français propre, -ut : aparuet 9987, apercuet 8548, 8976, 9199, conuet 2252, 8804, coruit 11790, fui 11125, paruit 766, percuit 9208, reçuit, recuit 4437, 13967 ; -uet est un affaiblissement de -uit dont l’i peut remonter aussi à la 1re p. sg. fui, etc. L’auteur modifie le thème des formes fortes usuelles : feirent et ferent (firent) 102, 345, 617, mestrent (mirent) 10021, 10073, remis (resta) 12430, 12436, rescuis (délivrai) 7925, tairent (turent) 8023, verent (virent) 426, 9190, 9192, vienrent (vinrent) 8863. Il en crée d’autres, comme desis ou desist (descendit) 401, 11095, 11153 imitation de l’italien discese, atendrent 4838, 9362, 9654,