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Page:Anonyme - Doon de la Roche.djvu/72

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dans la péninsule ibérique comme ailleurs. La première partie du récit, jusqu’à l’exil d’Enrrique (Landri) a de grandes analogies avec F ; notons cependant que Tomillas endort Oliva, non au moyen d’un soporifique, mais par une carta hecha con muchos conjuros y con muchos encantamentos (fol. a. iij. v°) ; mais immédiatement avant cet épisode (fol. a. ij. v°, a. iij.-v°), il est raconté que Tomillas verse à Oliva du vin aparejado con yervas, qui la rend malade, ce qui rappelle le « piment » dont il est question dans F (v. 169). Cette carta enchantée, qu’on retrouve dans d’autres récits du moyen âge [1], semble ici une interpolation du rédacteur espagnol. — L’homme que Tomillas place dans le lit d’Olive est un écuyer qui avia se hecho arlote [2] et s’était costumé en pèlerin (romero, fol. a. iij. v°) ; Tomillas l’ensorcelle au moyen d’un anneau magique (sorteja) et l’oblige à faire tout ce qu’il veut. — Après sa disgrâce, Oliva se réfugie, sur le conseil du comte « Jufré de Flandes », dans une abbaye de femmes, fondée par le comte (fol. a. vij. v°), version qui est un affaiblissement évident de ce qui se lit dans le passage correspondant de F.

La suite du récit présente des analogies avec F, tout en s’en écartant parfois : Enrrique (Landri) part pour l’Orient, accompagné du comte « Jufré », déguisé en marchand, qui le présente comme son fils ; un épisode, probablement interpolé par le traducteur espagnol, lui fait conquérir Damas et Jérusalem ; il reprend sur les Infidèles la vraie Croix [3] (fol. b. ij. v°-vj. v°). Comme dans

  1. Voir Gertrude Schoepperle, Tristan and Isolt, Frankfurt, 1913, I, 257. L’exemple le plus connu se lit dans le quatrième conte du Dolopathos (éd. Oesterley, p. 58 ; éd. Hilka, p. 64 ; trad. franç., éd. Brunet et Montaiglon, v. 7167 et suiv.).
  2. Ferd. Wolf, Ueber die neuesten Leistungen, p. 101, traduit arlote par « vagabond » (landstreicher).
  3. Sur les sources du rédacteur espagnol dans cette partie de son récit, on trouve quelques observations dans Ferd. Wolf, Ueber die neuesten Leistungen, p. 109.