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Page:Anonyme - Doon de la Roche.djvu/45

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prise, couchée avec un « garçon »[1]. Doon menace de le faire pendre, s’il tient encore de tels propos. Le traître appelle un « garçon » et le pousse à se glisser dans le lit d’Olive, qui a bu trop de « piment » ; elle n’entend rien, ne voit rien [2]. Le garçon, en effet, se glisse sous la couverture du lit, sans autre vêtement que ses braies, mais il n’ose faire violence à la duchesse. Tomile, de son côté, appelle Doon. Celui-ci vient, accompagné de trois comtes ; il soulève la couverture, et trouve le garçon couché à côté de sa femme (v. 116-196).

Doon coupe immédiatement la tête au misérable, sans le mettre d’abord à la torture. Il veut de même couper la tête à sa femme, qui s’est éveillée et ne comprend rien à ce qui se passe ; mais ceux qui l’accompagnent le retiennent et lui donnent le conseil de faire venir le roi Pépin. Olive, de son côté, offre de se justifier par l’épreuve du feu ou de l’eau ; Doon est sur le point d’accepter, mais, Tomile excitant sa jalousie, il se met en colère, et frappe même d’un coup de pied le petit Landri [3]. Doon envoie à Pépin son chapelain, Grégoire, pour l’inviter à venir, sous un prétexte, à Cologne. Grégoire part pour Paris et s’acquitte de sa mission. Pépin se rend à Cologne, où Doon expose l’affaire : Tomile veut qu’Olive soit brûlée vive ; Jofroi, cousin de Doon, s’offre à combattre pour Olive en duel judiciaire ; Doon repousse toute proposition de cette

  1. Dans F, le traître agit sans motif, ou du moins aucun motif n’est indiqué. Dans E, Tomillas (= Tomile) veut perdre Oliva (= Olive), afin de pouvoir plus tard marier sa fille Aldigon (= Audegour) au duc de La Roche, redevenu libre (fol. a. ij. v°). — Dans Nc, le traître, Milon, se venge de ce qu’Olif (= Olive) a repoussé ses propositions amoureuses.
  2. Pour ce trait du « piment », inintelligible ici, voir le chapitre suivant.
  3. Ce détail du coup de pied donné à Landri par son père se retrouve dans E (fol. a. viij. v°), mais plus tard, après la scène à l’église.