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serait moins satisfaisant. Selon nous, le sujet est Doon, dont il a été raconté, v. 3226 et suivants, qu’il alla se plaindre à Pépin. Il faut peut-être supposer, après le v. 2961, un vers perdu, rappelant que Pépin se déclara contre Doon et le chassa de ses terres.

V. 2967. Li avesques manda qui ses sodoiers prirent. Ce v. n’est pas clair et paraît altéré. On pourrait corriger : des sodoiers, et comprendre « l’évêque manda [des gens] qui prirent (= levèrent) [pour lui] des soudoiers. »

V. 2992. Va ferir Grifonel, .j. des neveuz Malingre, Fil sa seror germaine, la dame Malsarie. Le nom de « Malingre » est sûrement altéré : Malingre est toujours représenté comme l’enfant unique de Doon et d’Audegour. Il faut probablement corriger : Tomile ; comp. le v. 119, où il est dit de celui-ci : oncles fu Guenelon. — Dans d’autres poèmes, Grifonel est fils de Ganelon (comp. G. Paris, Mélanges de littér. franç. du m. â., p. 200) ; pour l’auteur de Doon de la Roche, semble-t-il, Grifonel et Ganelon étaient frères, fils de Malsarie (et de Griffon de Hautefeuille ? comp. v. 3755, où Hélie et Hardré, fils de Griffon, sont également dits « neveux de Tomile »).

V. 3010. Ça me lairez La Roche ; ne l’avrez mie. C’est la leçon du manuscrit ; on pourrait corriger : n’en avrez iamais mie, suivant la locution bien connue ; comp. Ne de Carlon mie vos n’en avrez, Roland, v. 1172 ; De Gaudissete mie n’i ont trouvé, Jourdain de Blaie, v. 3209, éd. C. Hofmann.

V. 3783-3785. Il y a dans ces vers une singulière confusion de sujets : au v. 3784, li enfes est évidemment Landri, mais au v. 3785, le sujet sous-entendu de fiert est Hélye, nommé au v. 3783. Cependant il nous semble inutile de supposer une altération du texte.

V. 3912. El regne de Saissogne voldrai Deu relenquir. On pourrait aussi restituer : El reiaume des Saisnes v. D. r. Ce vers a été terriblement maltraité par les copistes ; le sens général parait pourtant clair dès qu’on a substitué Deu relenquir à l’absurde Doz relenquir du manuscrit. Le premier hémistiche contient manifestement le nom de la Saissoigne ou des Saisnes, dont il sera question dans la suite du récit. Ces Saisnes, placés naturellement de l’autre côté du