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« Par la foi que vos doi, je vos claim trestot quite ;
565« Et si vos en donrai de besanz pleine emine,
« .XX. mulez toz chargiez d’or et d’argent, [beaus] sire. »
Avoir fiert molt granz cous, pieç’a que l’oï dire.
« Je la prendrai », dist Do, « se Pepins la m’otrie ;
« Il me donna a feme sa seror dame Olive :
570(f. 12)« N’en avrai jamais nule de sens si bien garnie. »

XX[1]

Estes vous la novele par la vile espandue.
Serjant et chevalier [en] emplirent les rues ;
Il montent es chevaus et es fautrées mules ;
De ci que a Paris n’i ot regne tenue.
575Tant font par lor jornées que il a Paris furent.
Vindrent en la cité, si descendent es rues.
A l’encontre [en] alerent cil qui les coneürent...
Et quant le voit li rois, contre lui se remue ;
Premierement demande : « Qu’est ma suer devenue ?
580« Hé ! las, come il me poise de la sue aventure !
— Sire, » ce dit Tomiles, « ja est ele si pute
« Que ne se garde d’ome la fole creature.
« Ainçois se maintenra comme autre creature.
— Tomiles, » dit li rois, « bien l’avez maintenue ;
585« Mais, par icel apostre qu’on requiert ou Sepulcre,
« Se par autrui ne fust provée et perceüe,
« Pieç’a qu’en eüssiez cele teste perdue.

    — 565 de resans p. amine. — 567 sic ms., cf. v. 610 — 570 avrai, ms. amai,

  1. — 572 en est ajouté pour compléter le vers, mais on pourrait aussi proposer ont emplies. — 573 m. a c. — 574 roine t. — 575 font, corr. vont ? — 576 es, ms. as — 577 A l’e. a. ci quil connegurent. — 578 lui ne s’explique qu’à condition de supposer que dans un vers précédent, qui serait omis, il aurait été parlé de Tomile ou de Doon. — 583 creature a visiblement pris la place de quelque autre mot en ure. — 584 maintenue est peu satisfaisant ; corr. coneüe ?