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Page:Annales de la société Jean-Jacques Rousseau, tome 19.djvu/8

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Chapitre I

Les beaux-arts jugés par Rousseau


Le Discours qui a remporté le prix de l’Académie de Dijon en l’année 1750 sur cette question proposée par la même Académie : Si le rétablissement des sciences et des arts a contribué à épurer les mœurs, inaugure de façon remarquable et profonde l’œuvre de Rousseau. C’est avec cet essai que commence la véritable carrière de l’écrivain. Le Discours, qui comporte à peine 70 pages, est le programme d’une conception neuve du monde ; il fonde et indique un esprit nouveau il est comme un grand avertissement moral, à l’abord sévère duquel la légère beauté de l’époque rococo vint se briser. Le succès immédiat de l’écrit couronné est extraordinaire. Il révèle assez que l’auteur a trouvé, à l’heure décisive, les termes justes et qu’il fut vraiment le porte-parole de sa génération. Le roi de Pologne, l’illustre abbé Raynal, les artistes, les Académiciens le critiquent, le justifient,