Page:Angellier - À l’amie perdue, 1920.djvu/43

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

XXVII

 
Que ce sonnet ressemble aux galères royales,
Qui traînent sur les flots des velours frangés d’or,
Et, sous un dais de soie aux splendeurs liliales,
Portent le lit d’ivoire où la reine s’endort ;

Que de mots éclatants, bannières triomphales,
Il flotte pavoisé comme un mouvant décor ;
Qu’un bruit charmant et doux de luths et de cymbales,
De violes d’amour, retentisse à son bord ;

Qu’il soit resplendissant ; que les salves des rimes
Eclatent hautement par le sabord des vers ;
Qu’il vogue enveloppé par des souffles sublimes,

Arborant à son mât des lauriers toujours verts ;
Car il porte ton nom souverain à travers
Les espaces du Temps et ses profonds abîmes !