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que plat, destiné à deux chanoines, on servit seulement un pluvier, un cochon de lait, un butor, une pièce de veau, une pièce de chevreuil, un lapin, deux poulets, deux pigeonneaux, avec des plats honnestes de gelée. On servit aussi de ces divers mets aux chapelains et à tous les autres officiers ou subalternes de l’église, mais dans un plat pour quatre convives. Bientôt furent apportés, avec un grand appareil, quatre paons rôtis, dont on avait eu soin de conserver les queues resplendissantes de leurs riches couleurs. Puis, après quelques instants d’attente, on servit de la venaison de sanglier en abondance, et des gâteaux de froment pétris avec du lait d’amande. À la fin, vinrent les fromages, les tartes et les fruits ; il y en eut pour toutes les chambres et pour toutes les tables. Les absents même n’eurent pas tort ; maîtres Gui Rabaschier, chanoine, et Pierre Le Chandelier, chapelain, que leur âge et leurs infirmités avaient empêchés de se réunir à leurs confrères, virent arriver chez eux des valets chargés par l’évêque de Lisieux de leur apporter tous les mets qui leur auraient été servis s’ils eussent assisté en personne au banquet.

Après les grâces, qui furent dites par l’archevêque dans la grande salle du festin, furent apportées aux convives des confitures et des épices dans des drageoirs d’argent ; c’est ce qu’on appelait alors la collation.