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bienfaitrice, pour prendre son or, mais voyant les clés sous le chevet de la vieille femme endormie, et ne les pouvant avoir qu’en la faisant mourir, il s’était enfui, plein d’horreur ! Mais, quelque temps après, dans l’ivresse, dans l’étourdissement d’une vie désordonnée, perdu de dettes et à bout d’expédients, cette même chambre l’avait revu, la nuit encore, mais aguerri cette fois, résolu, impitoyable, atroce, frappant, mutilant, égorgeant sa bienfaitrice, se saisissant des clés, se ruant sur cet or, objet de ses effrénés désirs ; puis, le crime consommé, mettant le feu, dans la cour, à un amas de bois entassé sous la chambre, voyant naître un incendie prêt (comme il crut) à anéantir toute trace de son exécrable action, mais qui, presque aussitôt, allait s’éteindre de lui-même, le monstre avait fui, emportant de l’or, des pierreries, des flambeaux d’argent, surtout, qui le devaient trahir ; car, aujourd’hui même, les voulant vendre à un orfèvre, qui, tout d’abord, y aperçut le lion de sable sur champ d’azur des Du Quesne de Brothonne, à ce signe accusateur, avait aussitôt été reconnu, saisi, interrogé, jugé le coupable, qui, éperdu, confessa tout le crime. À la torture, il en allait confesser bien d’autres encore ; et, en l’entendant déclarer, dans son testament de mort, quels vols nombreux et notables il avait dès longtemps commis, sans avoir été soupçonné un seul ins-